Paiement sans contact : les américains en ordre de marche
Le Forum SMSC était présent à l’événement NFC Payment USA à Miami. Si les USA regardent attentivement ce qui se passe en Europe et notamment en France en matière de sans contact, ils se préparent activement à un système qui va révolutionner l’acte d’achat et la répartition de la valeur.
Dans un pays où la majorité des paiements par cartes bancaires utilisent encore la bande magnétique quand ce n’est pas « le sabot » et alors que les cartes bancaires à puce commencent à peine à arriver le paiement sans contact est regardé comme une opportunité… incontournable. Mais c’est surtout le mobile qui est au centre de toutes les réflexions. Aux USA comme en France, les smartphones représentent déjà 50% du marché, un chiffre qui devrait atteindre 70% d’ici 2 ans et les observateurs estiment que les 2/3 du parc mobile US sera compatible NFC à horizon 2-3 ans. D’où l’urgence de se positionner sur une technologie qui va révolutionner la façon dont les consommateurs achètent, paient et consomment.
Aujourd’hui plusieurs acteurs de poids se sont positionnés aux USA :
- Avec sa Google Wallet actuellement en test dans plusieurs grandes villes, la firme de Mountain View souhaite valoriser l’accès aux commerces physiques via le web. Google propose aujourd’hui ses services aux grandes chaines de distribution et il est murmuré qu’elle serait prête à offrir les terminaux de paiement sans contact aux commerçants. Google n’a pas annoncé de plans pour l’Europe mais ne cache pas avoir des ambitions…Google suscite enfin des inquiétudes chez les autres acteurs du paiement et de la distribution sur le risque de ne plus maitriser les données des clients.
- ISIS est la riposte à Google Wallet et est assez proche conceptuellement de Cityzi. Le consortium est formé par 3 opérateurs (AT&T, T-Mobile et Verizon) et compatible avec les plusieurs systèmes de paiement (Amex, Discover, MasterCard et Visa). ISIS propose une certification de terminaux, qui sont SIM-Based, une signalétique pour la lecture de tags et une plateforme pour le chargement et l’usage des applications sécurisées. Le consortium ISIS, qui compte déjà 200 collaborateurs, envisage des expérimentations à Salt Lake City et Austin à partir de mi 2012, et des déploiements en 2013.
- Les banques américaines considèrent leur positionnent sur le paiement et les services mobiles comme stratégiques pour leur compétitivité et leur avenir. Mais les modèles économiques sont régulièrement évoqués comme un « problème » : peu clairs, incertains, pas équilibrés, etc. La présence d’une solution de paiement sur mobile représente notamment un surcout pour les banques par rapport à l’émission de leurs cartes, et le partage de valeur n’est pas clairement défini pour l’usage du Secure Element.
Mais ce qui apparait comme certain c’est que les américains sont convaincus que la différence se fera sur les services autour du paiement. Un enjeu qui concerne aussi bien les banques que les commerçants et est marqué par l’arrivée de nouveaux acteurs.
L’utilisation des coupons, chèques cadeaux, cartes prépayées ont largement été évoqués de même que l’utilisation des tags NFC comme outil de marketing conceptuel au service du commerce de proximité. Des acteurs comme LivingSocial ou Coupons Inc. misent sur le NFC pour faire le lien entre les marques, les enseignes et les individus à travers les réseaux sociaux. BestBuy (grande chaine de distribution de matériel high-tech) réfléchit à une plateforme ouverte et cohérente offrant une expérience client optimale (paiement, coupons, fidélité, etc.) et pense que le paiement mobile représente une opportunité de changer le paradigme des coûts, en étant plus favorable aux commerçants.
Enfin, tous les observateurs s’accordent à penser que les services dits « ouverts » - ceux que ne requièrent pas l’usage d’un élément sécurisé - vont se multiplier : informations, check-in, chargement d’applications, jeux p2p, etc. et seront un fort facteur de développement pour le marché.
A noter cependant qu’il n’existe aucune réflexion concertée sur le parcours client (souscription, parcours, support, pédagogie, communication, etc.) et que la France apparait dans ce domaine très en avance. Aussi les présentations du Forum SMSC ont-elles été suivies avec beaucoup d’attention.
Les américains nous envient notamment la démarche collaborative en matière de standardisation (AFSCM, AEPM, GART, Ergosum, FFT, etc.) comme le soutien politique national et local dont bénéficie le sans contact.